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AVALON



Il y a très longtemps, au temps des peuples celtes, existait une île appelée Avalon. Il y eut de nombreuses légendes sur cette île, la plus connue est celle de l'histoire du Roi Arthur. Le Roi Arthur livra sa dernière bataille contre le traître Mordred et son armée. Laissé pour mort sur le champ de bataille Arthur sentait que la fin était proche lorsqu'il vit un bateau noir. A son bord, trois femmes qui le conduisirent sur l'île d'Avalon d'où il était censé revenir pour conduire à la victoire le peuple celte contre les Anglo-Saxons puis contre les Normands. D'après certaines interprétations de la légende l'Epée d'Excalibur y fut forgée. Avalon fut reconnue à Glastonbury, où la tombe du Roi Arthur était supposée se trouver...




C'est là que sont portés les héros après leur mort, dans la direction du soleil couchant. Le mot "occident" ne reflète-t-il pas le latin occidere, "se coucher" en parlant du soleil, ou "succomber", en parlant d'une personne. On a aussi pu proposer un jeu de mots entre "avalon" et le verbe "avaler" : aller vers le val, vers le couchant, et en même temps évoquer l'engoulement, l'engloutissement, le fait d'être avalé par la mort. La navigation est longue pour y parvenir, et incertaine pour les vivants, car elle implique un passage (ou un trépas), mais elle peut se faire dans les deux sens : le retour est possible, par exemple pour le roi Arthur qui y attend le moment de revenir réunifier la Bretagne.





C'est dans la Vita Merlini de Geoffroy de Monmouth (vers 1145) qu'on la voit mentionnée pour la première fois. Taliesin évoque pour Merlin cette Île des Pommes" (Insula Pomorum, en latin "île des fruits", mais "Avalon" renvoie à la racine celte aval, "pomme"), où tout est régi par une douce loi. C'est le pays de l'éternelle jeunesse et de l'éternelle santé, où l'on ignore la mort et où les fruits sont toujours mûrs. Morgane, aux multiples pouvoirs, y règne avec ses huit sœurs ; elle y veille tout particulièrement sur Arthur qu'elle y a recueilli, blessé, après la bataille de Camlann. Mais il est certain que la tradition en remonte plus loin dans le temps : Pline l'Ancien, dans son Histoire Naturelle (IV, 95) évoquait déjà Avallus, une mystérieuse île, d'où provenait l'ambre, un produit réputé d'origine surnaturelle

Cette image du paradis celtique peut être identifiée à l'Emain Ablach de la tradition irlandaise, et on lui a donné par la suite bien des noms : Terre des Jeunes, Île Lointaine, Île de Verre, Terre de Promission des Saints, Palais de Cristal au-delà de la mer, Île Perdue .Avec la christianisation, elle devient cette île merveilleuse vers laquelle s'embarque saint Brendan. Et, avec la Renaissance, on la retrouve sur une des premières cartes de l'Amérique, à Terre-Neuve. Diverses sites insulaires situés à l'ouest perpétuent ce nom, au large de Los Angeles par exemple, ou l'îlot d'Aval en Pleumeur-Bodou (22).



On a aussi voulu la localiser à Glastonbury, en Angleterre, qui aurait autrefois été environnée de marécages, et où le tombeau du roi Arthur est réputé avoir été retrouvé.



Glastonbury se repose sur une ancienne île aux niveaux de Somerset - l'île d'Avalon. C'est une ville animée, située dans le sud à l'ouest de l'Angleterre, avec des sorts se produisant et des traditions riches d'antan.

C'a été un endroit magnétique de pélerinage depuis des périodes antiques, un centre de Druidic et, plus tard, un des grandes abbayes médiévales de l'Europe.

Aujourd'hui Glastonbury est une ville unique et atmosphérique de 9.000 personnes . Il accueille un festival célèbre de roche , aussi bien que des pélerinages, un extravaganza musical, un carnaval, des conférences et d'autres événements . Peuplez la visite du monde plus de, tiré par un certain spécial quelque chose ...

La ville est donnée sur par le massif de roche , une colline majestueuse, anormale, sacrée. Elle est occupée par le seigneur des enfers, ou l'ange de Glastonbury ou de la confiance nationale - selon votre point de vue!

La tradition l'a que Joseph d'Arimathaea a construit la première église et le Roi Arthur et Guenièvre ont été enterrés ici. Une fois qu'elle était à la maison aux saints Patrick, Dunstan, Benedict, David, Bridget et d'autres.

Pendant cent années c'a été un mecca à créateur et spirited les personnes de beaucoup de persuasions - une ville d'interfaith avec un mélange des locals et des incomers, des chrétiens et 'des independents spirituels '.

Quel est spécial au sujet de cet endroit? Cet emplacement donne quelques inspiration et indices. Bienvenue à l'île d'Avalon!


MORGANE LA FEE

Et Morgane la fée...gentille ou mauvaise? Les avis diverges quant à moi je pense que c'était une femme avec ses défauts et qualités, amoureuse de Lancelot qui lui préférait Guenièvre, sa jalousie fit qu'elle empêcha cette dernière d'enfanter:

La Fée Morgane, reine d'Avalon, l'île aux Pommes de l'autre monde, porte une branche de pommier, symbole celtique de la paix et de l'abondance. Habile sorcière, elle joue souvent un rôle obscur, s'opposant à Arthur et manipulant les héros. Plus symboliquement, elle est une déesse hivernale des ténèbres et de la mort, par opposition à Arthur, seigneur de l'Été. Elle révèle l'aspect rédempteur de son personnage lorsqu'elle se fait la reine guérisseuse d'Avalon, gardant le corps d'Arthur dans la mort.

Sœur du roi Arthur, elle devient sa maîtresse lors du rite de "l'ancienne religion" païenne : Beltane. Ce rite de l'ancienne religion, dont le culte était voué à La Déesse-mère (représentée par la Lune), consistait à réunir la Déesse Mère et le Dieu Cornu par le biais de 2 jeunes gens représentant chacun la Divinité. Le fruit de cette union sera
Mordred




A la fois femme et savante, fée sylvestre, nymphe des vagues, sorcière et enchanteresse, c’est l’une des figures les plus riches et attachante de la famille des fées.

Morgane est guérisseuse et Magicienne, fidèle au monde merveilleux d'Avalon qu'elle abandonnera un temps pour tenter de répandre ses principes dans le monde réel qui découvre le Christ et ses lois, cette nouvelle religion où la Déesse Mère est remplacée par une vierge et où tous les rites célébrants la nature et la fécondité sont écrasés et remplacés par des rites chrétiens rendant gloires à des principes masculins

Grande, ses longs cheveux brillants sont noirs et souvent nattés. Son regard gai et innocent, rêveur et mélancolique est devenu au fil des épreuves désenchanté et dur. Étrange, un peu halluciné comme son maître Merlin.

Petit à petit Morgane a perdu sa nature de femme pour prendre l’aspect désincarné de certaines fées que le regard du mortel éclaire ou assombrit selon son état d’âme




LE ROI ARTHUR ET LES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE



Tout le monde connaît ne serait-ce que de nom ce roi mythique accompagné de ses fameux "chevaliers de la table ronde" : mais parmi tous les faits magnifiés au cours des siècles, quelle est la part de réalité dans cette célèbre légende ? Et quelle est son origine ?



Localisation et chronologie

Quand ? Le roi Arthur a existé dans la seconde moitié du Ve siècle, soit durant la déchéance puis la chute de l'empire romain d'Occident.
Ou ? En Bretagne, qui est alors l'actuelle Grande-Bretagne : notre province homonyme est à l'époque appelée Armorique.


Le contexte historique

La Bretagne (actuelle Grande Bretagne) est, comme le reste de l'Europe, occupée depuis des siècles par les romains : cette conquête a débuté en 43 après JC. Une partie de la population autochtone devient " romano-bretonne " : elle est très bien romanisée tant au niveau de la culture que de la religion, et l'armée comprend de nombreux mercenaires bretons. Seules les tribus celtes vivant dans des contrées difficiles d'accès restent à dominante païenne.
La situation est donc comparable à celle de la Gaule avec ses gallo-romains.

Mais, comme en Gaule avec ses goths, francs ou burgondes, cette province est victime d'invasions de la part :

-de tribus barbares germaniques : angles, jutes, saxons et frisons attaquent l'est du pays,
-de tribus venant d'Irlande ou du nord du pays : pictes, irlandais et scots assaillent le nord et l'ouest de la province.
-Ces tribus mènent des raids de plus en plus fréquents, et les légions romaines sont débordées.

Face aux invasions généralisées sur tout l'empire romain, l'empereur Honorius décide dès le début du Ve siècle d'abandonner la Bretagne qui est trop difficile à protéger : les " romano-bretons " sont donc appelés à se défendre seuls.

La situation politique :

Au cinquième siècle, les romains sont installés en Grande-Bretagne et dominent l'île, même si les Scots (peuplade celte venue d'Irlande qui finira, au sixième siècle, par s'établir sur la côte ouest de l'Ecosse) et les Pictes (peuple préceltique d'Ecosse), entre autres, restent insoumis.
Mais, à partir de 486, avec les conquètes de Clovis et les invasions des Vandales, des Wisigoths et des Ostrogoths, l'empire romain s'affaiblit fortement dans sa partie occidentale. Les romains se désintéressent alors de la Grande-Bretagne pour se concentrer sur la défense de l'Empire, ce qui n'empêchera pas sa chûte dans les années 490.
Les Saxons (ancien peuple germanique qui s'était étendu vers le sud et avait mené des raids en Gaulle, tout nouvellement arrivé en Grande-Bretagne) en profitent pour essayer de s'emparer de toute l' île.

Des conflits internes :

Les divers chefs Bretons et Gallois sont alors divisés par d'incessantes querelles, et passent leur temps à guerroyer entre eux, sans grand succès.
Tous ces rois, postulants à un trône unificateur, souffrent d'un problème de légitimité : les différentes invasions ont entraîné une grande diversité de peuples et de cultures dans le royaume. Aucun chef ne parvient à se faire reconnaître sur tout le royaume, et par tous les peuples. Il n'y a, par conséquent, pas de chef suprême, et encore moins de roi qui commande à l'ensemble des habitants de grande-Bretagne.
Mais devant l'importante menace d'invasion des Saxons ils se rangent tous sous la bannière d'un dénommé Artorius.
Ce guerrier, probablement né vers 470-475 en Cornouailles, est le chef d'une bande très mobile de cavaliers mercenaires. Tous voient en lui la seule personne capable de tenir tête à l'envahisseur.

Artorius au pouvoir :

Artorius est donc nommé commandant en chef de la nouvelle armée et, tous unis, les rois Bretons et Gallois remportent, quelque part dans le sud-ouest de l'Angleterre vers 500-518, une grande victoire qui stoppe l'envahisseur pendant une quarantaine d'années. C'est la bataille de Mont Badon (ou Bath, ou Badbury).
Quand Artorius trouve la mort dans une grande bataille, près de Camelford en Cornouailles, aux alentours de 540-542, c'est la fin de l'indépendance bretonne : à la fin du siècle, les Saxons occupent les trois quarts de l'île.
Le corps d'Artorius est enterré clandestinement à Glastonbury par ses lieutenants, qui tiennent à cacher sa mort pour ne pas démoraliser les troupes.

Les conséquences :

Devant l'invasion, des milliers de Bretons ont traversé la mer pour s'établir dans la péninsule armoricaine, à laquelle ils donnent le nom de Bretagne. Ils y retrouvent des compatriotes arrivés depuis le quatrième siècle. Ils restent en contact très étroit avec les Bretons demeurés dans l'île. Les uns et les autres gardent vivant le souvenir d'Artorius et en font un roi, ce qu'il n'a jamais été dans la réalité.
D'autre part, le problème de la légitimité se pose toujours, et plus fort encore, après la prise du pouvoir par Guillaume le Conquérant (1027-1087), duc de Normandie, en 1066. Le roi est un normand, peuple minoritaire. Et cette situation est d'autant plus ennuyeuse que la dynastie rivale n'a pas ce problème : les capétiens se présentent comme les descendants de Charlemagne.
Pour palier à ce grand désavantage, les Normands encouragent les clercs à diffuser ce qui est déjà la légende d'Arthur (nom romain pour Artorius), et plus particulièrement le mythe de sa dormition et de son retour prochain, dans le but de s'allier les Gallois et de défaire les Anglo-Saxons.



La création du mythe :

Dans un premier temps donc, la légende raconte qu'Arthur n'est pas mort. Grièvement blessé lors de la bataille de Camlann, il a été transporté par sa soeur, la fée Morgane, jusqu'à l'île d'Avalon, où il est soigné, attendant de pouvoir revenir prendre la tête de son peuple : c' est l'espoir breton.
Mais Henri II (1133-1189) va finalement confisquer la légende d'Arthur, en se présentant comme son héritier légitime, et mettre un terme à l'espoir breton. A des fins de propagande, il demande une mise en langue romane de l'Historia Regum Britanniae, commandée en 1138 par son père, dans le même but, à Geoffroy de Monmouth.
Le roi, à l'intérieur de son royaume, a besoin de l'appui des Bretons contre les Saxons qui acceptent mal la domination normande. Mais les Bretons ne sont pas prêts à se rallier à la bannière des Plantagenêt à cause de l'espoir breton.
Le roman, en trois parties, se termine avec la description du règne d'Arthur : son accession au trône, son mariage, la création de la Table Ronde, jusqu'à la mort du souverain.
Finalement on découvre, en 1191, les tombes (et les squelettes) d' Arthur et Guenièvre dans le cimetière de l'abbaye. Quand à l'île d'Avalon, elle est identifié à l'abbaye de Glastonbury. Cela met un terme à l'espoir breton.

L'extension du mythe :

Vers 1100, la légende est tellement présente et forte que les bardes y greffent mythes folkloriques, particularités géographiques, traditions chrétiennes et petit héros locaux postérieurs (Yvain par exemple), ...
En deux ou trois siècles donc, Arthur est devenu le pivot autour duquel gravite tout un système d'histoires indépendantes à l'origine, et cet ensemble finit par former un vaste et riche réservoir, un mythe immense et inépuisable.
C'est Robert Wace, dans son Roman de Brut, en 1155, qui donne la coloration courtoise au mythe. Arthur devient le monarque idéal, un modèle d'humanité, de vaillance, de générosité et de délicatesse. C'est lui aussi qui, le premier, mentionne la Table Ronde, symbole politique de la société courtoise.
La légende arthurienne est, dès la fin du onzième siècle, diffusée à travers toute l'Europe, et même au-delà, par les conteurs professionnels qui accompagnent les armées partant pour la Terre Sainte à l'occasion des deux premières croisades.

La résistance " romano-bretonne " et le roi Arthur

Les anciennes structures héritées de la société romaine sont malmenées par ces invasions.
Une résistance de la population " romano-bretonne " s'organise progressivement : elle souffre au début d'un manque d'union, et c'est dans ce contexte que des chefs de guerre émergent.
Ces derniers sont souvent issus de l'ancienne aristocratie romaine, et sont donc de grands propriétaires fonciers, base originelle de la future classe féodale.

Parmi ces chefs, un certain Artus ou Artorius aurait existé durant la seconde moitié du Ve siècle et le début du VIe : celui-ci serait parvenu à unifier provisoirement les romano-bretons dans leur lutte contre les barbares irlandais, pictes et saxons.

Les sources

Les sources qui le mentionnent sont rares, mais laissent apparaître les éléments suivants :

il aurait été nanti du titre d'Imperator (commandant en chef),
il aurait remporté environ 12 batailles,
il aurait combattu avec des cavaliers, contre des forces barbares comportant une majorité de fantassins. La légende idéalisera plus tard cette chevalerie médiévale avec ses " chevaliers de la table ronde ".
Selon la légende, il serait mort dans l'Ile d'Avalon (Abbaye de Glastonbury) ou il s'est réfugié chez sa soeur Morgane après son combat contre son neveu Mordred.

Les recherches archéologiques

Site de Tintagel :

De nombreuses recherches archéologiques ont été menées depuis 1930 sur le site de Tintagel, petite presqu'île sur les côtes des Cornouailles (sud-ouest de l'Angleterre).
Bien que les ruines visibles datent des normands (Xe), certains éléments datant du VIe ont été découverts (fin de l'épopée arthurienne). Ce site pourrait avoir été la résidence d'un riche personnage vivant à la mode romaine. En 1998, une pierre gravée du nom de " artognov " a été découverte, alimentant encore le mystère !


Château de Camelot :

Camelot, le château mythique du roi Arthur, correspondrait à la ville romaine de "Camulodunum " (Colchester au nord-est de Londres), qui partageait avec Londinium (Londres) le siège du gouverneur de la province du temps de l'occupation romaine.

Selon la légende, Camelot attirait de partout les chevaliers désireux de se joindre à la Table Ronde : ils partaient chercher aventure, gloire et renommée et cette quête deviendra un symbole de recherche de l'absolu ... le Graal.

Globalement, les sources écrites fiables et les découvertes archéologiques sont très rares : les polémiques d'historiens ne sont donc pas prêtes à s'éteindre.




Arthur et son mythe au cours du temps

Le début du mythe : la légende arthurienne est alimentée dès le VIe par des récits populaires en Pays de Galle et en Irlande, puis les allusions à ce mythe se multiplient dans les textes latins dès le IXe siècle.

"Propagande politique" du roi Henri I (voir son arbre généalogique): le roi d'Angleterre Henri I (1100 - 1135) désirant rallier les Celtes de son royaume et pacifier ses nouvelles conquêtes en Pays de Galle utilise à son profit la légende arthurienne.
L'épopée arthurienne circule alors dans tout le pays sous forme de lais (conte en prose comportant un dénouement lyrique en vers), puis en Europe : Chrétien de Troyes y fait allusion en France en 1120 dans " Conte del Graal ".
Le Plantagenêt exploite donc la légende du roi Arthur pour se constituer une ascendance glorieuse, dans un but de légitimisation politique.


Epoque des grands romans et oeuvres cycliques : entre 1170 et 1180, la littérature arthurienne connaît une immense ferveur : c'est l'époque des grands romans évoquant Tristan. Les gens d'église se plaignent d'ailleurs de l'intérêt que les moines portent à ces sujets profanes.
La légende arthurienne s'organise alors en oeuvres cycliques : elles ont pour ambition de relater en prose la chronique totale de la Bretagne depuis les temps évangéliques jusqu'à la mort d'Arthur. Le 1er romancier cyclique est Robert de Boron (vers 1190) : c'est lui qui introduit le Graal comme étant le récipient qui a recueilli le sang du Christ, puis associe le saint sang à une sainte lance.


Qu'est-ce que la littérature arthurienne ?

La littérature arthurienne possède les caractéristiques suivantes :

elle cultive les mystères de la féerie celtique,
elle fait une large part à l'amour courtois,
elle met en valeur le prestige du cérémonial courtois,
elle glorifie la loyauté et le dévouement du roi Arthur et introduit les valeurs de code de la Chevalerie. Il est présenté comme un souverain idéal : il entretient avec ses chevaliers (Yvain, Lancelot, Perceval, ...) des relations parfaites en siégeant autour de la "Table Ronde".
(voir une fabuleuse photo des chevaliers de la collection des Etains du Graal)

Qu'est-ce que la légende du Graal ?

la coupe du Graal aurait été taillée par les anges dans une émeraude tombée du front de Lucifer lors de sa chute. Elle aurait ensuite été confiée à Adam, qui l'aurait perdu après le péché originel, puis Seth l'aurait retrouvé, et de là elle serait parvenue jusqu'au Christ.
Joseph d'Arimathie aurait récupéré le calice de la Cène (le dernier repas du Christ), et l'aurait amené jusqu'en Bretagne, en passant, entre autres, par la forteresse de MontSégur, dernier fief cathare. A partir de la Bretagne, serait partie la Quête du Graal (Arthur et ses amis) qui aurait aboutie entre autres en Armorique.
Arthur est donc un personnage situé aux frontières du réel et de l'imaginaire. Son identité historique est attestée mais la légende et la littérature vont lui donner une seconde existence : un mythe, alimentant à la fois des enjeux politiques et le rêve chevaleresque.


MERLIN L'ENCHANTEUR

« Myrddin » ou « Myrdhyn » en langue galloise, « Marzhin » ou « Merzhin » en breton et en cornique.



Avec constance, les vieux auteurs font de Brocéliande le lieu des amours de Merlin, et de son retrait du monde. Mais du temps de sa liberté, Merlin hante toutes les forêts : Calidon, Northumberlande, etc. Elles sont le lieu naturel où il peut méditer, revenir à lui-même après ses séjours auprès du roi.

Il s'y réfugie lorsque la folie le prend à voir le comportement cruel des hommes. La forêt alors l'apaise et le rend à lui-même.

"Etre païen de la nature, Merlin appartient d'une certaine façon à la lignée des nixes, des nains et des elfes. Il est une figure bien plus primitive que celle d'un fils du démon, et le rôle d'Antéchrist que lui attribue Robert de Boron ne lui rend pas véritablement justice."

Parmi les êtres surnaturels qui hantent en esprit la forêt et l'habitent de leur active présence, l'Homme Vert et l'Homme Sauvage se réincarnent partiellement en Merlin, quand ils ne recouvrent pas totalement le même personnage pris en des situations différentes.

L'Homme Vert qui hante les mémoires tout autant que l'ombre des cathédrales symbolise l'inconscient de la nature qui nous habite encore, la force toujours renaissante du monde des arbres, le recours nécessaire à l'univers végétal. Il fait sans doute partie des grands types mythologiques qui ont donné le jour à l'Enchanteur, et, comme lui, se trouve à la charnière des deux religions.

Il en est de même de l'Homme Sauvage, puissance animale et humaine, croisement de deux règnes du vivant. Merlin apparaît à plusieurs reprises explicitement sous ses traits. Et le don qu'a l'Enchanteur de parler et de commander aux animaux - tout particulièrement aux cerfs - relève de l'héritage du Sauvage.



D'un caractère enjoué, Merlin aimait à se présenter à ses amis sous les apparences les plus diverses, bûcherons, vieux musicien aveugle, jeune garçon téméraire, et s'amusait de leur surprise. Par des enchantements, il favorisa des mariages et des naissances, comme celle du célèbre chevalier Lancelot.

À deux reprises il accepta d'enseigner quelques-uns de ses secrets, et bien mal lui en prit ! Morgane, l'une des soeurs d'Arthur, devint une méchante fée jalouse de sa belle-soeur, la reine Genièvre. Quant à l'autre élève de Merlin, Viviane, c'est à l'enchanteur lui-même qu'elle s'en prit. Merlin aimait voyager. De temps en temps il disparaissait sans explication. En général il se cachait au creux des forêts, fréquentées en ces temps-là par des ondines qui avaient élu domicile auprès des sources.

Sur le continent, le forêt de Brocéliande passait pour l'une des plus belles du monde connu. Merlin, en s'y promenant, passa un jour près d'une gracieuse jeune fille qui se mirait dans l'eau d'un lac. Elle avait nom Viviane. L'enchanteur avais pris ce jours-là l'apparence d'un séduisant damoiseau et non celle d'un veillard contrefait. Viviane engagea la conversation et, pour lui plaire, Merlin lui offrit quelques enchantements : en son honneur il fit apparaître un magnifique château où se déroulait une fête merveilleuse, puis il rendit au paysage son aspect premier.

À dater de ce jour, l'enchanteur s'absenta souvent de la cour du roi Arthur : il allait en secret retrouver la jolie Viviane. Lors de ces rencontres, Merlin, de plus en plus séduit, accepta de lui enseigner deux ou trois de ses tours les plus poétiques.

La jeune fille apprit ainsi à danser sur l'eau sans se mouiller et à faire jaillir une rivière à sa volonté. Mais Viviane voulait garder Merlin toujours à ses côtés. Elle réussit à lui faire avouer presque tous ses secrets et, un jour où il s'était endormi, la tête posée sur ses genoux, elle fit, à l'aide d'un voile, un cercle magique autour de son ami qui devint ainsi son prisonnier à jamais.

Bien sûr, Merlin avait tout deviné, mais, par amour, il avait laissé faire. Il était définitivement retourné dans l'Autre Monde, celui des fées et des magiciens, sans trop de chagrin, car il aimait Viviane plus que sa liberté.



A-t-il réellement existé ?

Des recherches très sérieuses comme celle de Norma Lorre Goodrich montrent que Merlin a bel et bien existé. Il est probable que les écrivains médiévaux possédaient des manuscrits, disparus depuis, qui relataient certains aspects de la vie de Merlin.

Merlin aurait vécu entre le milieu du Ve siècle et la fin du VIe siècle. Les événements tragiques qui secouèrent la Grande-Bretagne et auxquels Merlin fut mêlé se sont déroulés vers la fin de l'Empire romain. Le mode de vie et les mœurs étaient encore à la mode romaine à ce moment.

La réalité du personnage est donc bien différente de sa légende ou plutôt de la vision populaire que la majorité se fait de lui. Merlin n’est pas un personnage médiéval. L’enchanteur n’a cessé d'inspirer de nouveaux auteurs, lesquels continuent à modeler ce personnage. Il est évident que cet intérêt toujours renouvelé signale qu'une image symbolique, voir mythique, se dégage des caractéristiques que Merlin possède déjà.


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