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Le Graal
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Le mot graal désigne, en ancien français, une coupe ou un plat creux. Plus spécialement, le Graal est, selon la tradition médiévale, une mystérieuse coupe aux pouvoirs magiques. Il est associé au chaudron du Dagda, talisman antique de la mythologie celtique, dont il serait un avatar christianisé.
Apparition littéraire
Il apparaît pour la première fois sous forme littéraire dans Perceval ou le conte du Graal de Chrétien de Troyes (XIIe siècle). C'est une coupe d'or ornée de pierres précieuses, accompagnée d'une lance qui saigne et d'un plat d'argent, mais le sens d'aucun de ces symboles n'est expliqué. Une sorte de suite, la Rédaction courte, d'un auteur anonyme, explique que le Graal donne à chacun les nourritures qu'il désire, et l'associe avec la Sainte Lance qui a percé le flanc de Jésus-Christ sur la croix. Pour Wolfram d'Eschenbach, comme il le présente dans son Parzival, le Graal est une pierre magique.

Peinture représentant Jésus et le Saint Calice Enfin, c'est Robert de Boron, au début du XIIIe siècle, qui explique dans L'estoire du Graal que le Graal n'est autre que le Saint Calice, c'est-à-dire la coupe avec laquelle Jésus-Christ a célébré la Cène et dans laquelle a ensuite été recueilli son sang — coupe évoquée, sans lui donner de nom, par de nombreux apocryphes tels les Gesta Pilati ou le Pseudo-Évangile de Nicodème. Emporté en terres lointaines par Joseph d'Arimathée, le saint Graal devient le centre d'un mystère auquel certains élus participent autour d'une table ronde — d'où l'intégration dans les récits de la Table ronde. Cette christianisation de la légende du Graal est parachevée par la Queste del Saint-Graal, roman anonyme écrit vers 1220, probablement par un moine, qui fait du Graal la Grâce divine.
Plus récemment, il apparaît dans de nombreuses œuvres, parmi lesquels on peut citer :
Parsifal, opéra de Richard Wagner, 1882 Monty Python, sacré Graal (en anglais Monty Python and the Holy Grail), 1975, film parodiant la quête des chevaliers de la Table Ronde Excalibur (film, 1981), film de John Boorman, 1981 Indiana Jones et la dernière Croisade (en anglais Indiana Jones and the Last Crusade), film de Steven Spielberg, 1989 Le Roi-Pêcheur, film de Terry Gilliam, 1991 le Da Vinci Code, roman de l'Américain Dan Brown, dont les héros cherchent à percer le secret du Graal, en Angleterre et à Paris. Dans ce livre, le Graal n'est pas à proprement parler « la coupe qui recueilli le sang du Christ au temps de la Cène », mais une métaphore pour désigner un individu : Marie-Madeleine, qui aurait été la femme de Jésus et la mère de sa descendance. [modifier] Le Graal, symbole de quête et d'inaccessibilité Le Graal est un objet mystérieux, presque magique :
c'est un objet caché : personne ne l'a vu et il n'aura réellement accompli son rôle qu'après avoir été retrouvé ; c'est un objet sacré aux pouvoirs puissants : seul un être pur pourra le trouver et en prendre possession. Pourtant tous les chevaliers le cherchent, et le monde n'aura de paix qu'après sa découverte, mais, paradoxalement, c'est à celui qui ne le cherchait pas qu'il sera donné de le trouver, selon Wolfram.
On peut ainsi donner plusieurs interprétations à la quête des chevaliers :
l'énergie dépensée et les épreuves rencontrées font grandir ou révèlent les qualités des chevaliers de la Table Ronde, éventuellement leur permettent d'en acquérir de nouvelles ; il s'agit donc d'une quête initiatique et de révélation personnelle. la recherche d'un objet sacré comme but dans la vie, et même au risque de sa vie, montre que la finalité peut être plus importante que sa propre existence (vision chrétienne de la vie terrestre, vécue comme un passage avant un monde meilleur). le saint Graal déposé par un chevalier au centre de la Table Ronde, lieu de rencontre des puissants du royaume, marque symboliquement l'instauration du christianisme grâce aux pouvoirs temporels (politiques ou militaires) ; il montre aussi la primauté du religieux sur le temporel, puisqu'il justifie les efforts accomplis par les chevaliers. Dans le texte initial de Chrétien de Troyes, il est seulement dit que le Graal est orné de pierres précieuses, mais il n'est pas décrit comme étant une coupe, sa nature n'est pas définie
Le Graal et la quête du Graal aux XXe et XXIe siècles
En s'inspirant librement de la mythologie celtique, un écrivain et linguiste anglais, J.R.R. Tolkien, publia en 1954 un des best-sellers mondiaux, Le Seigneur des Anneaux. On y retrouve de nombreux éléments des légendes arthuriennes (monde de type médiéval, magie, combat du Bien et du Mal). Mais surtout le livre est structuré autour d'une quête, comme celle des chevaliers d'Arthur ; en l'occurrence, il s'agit, à travers moult épreuves, d'apporter un objet magique à un endroit précis où il pourra être détruit et ainsi donner la paix au monde.
Plus récemment encore, Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh donnent une interprétation toute personnelle du Graal dans leur essai L'Énigme sacrée. Selon eux, le Graal serait une métaphore pour désigner une descendance cachée qu'aurait eu Jésus, du fait d'une supposée union avec Marie-Madeleine (Saint-Graal serait en l'occurence une déformation de Sangréal signifiant « sang royal », dans le sens de « lignée royale ») ou, par métonymie, Marie-Madeleine elle-même en sa qualité de « porteuse » de cette descendance (la fonction du Graal à "recueillir le sang du Christ" étant en cela censée arborer un statut de métaphore). Cette interprétation sera reprise par Dan Brown dans son roman Da Vinci Code.
Dans les années 1970 apparaissent de nombreux jeux qui font référence à cette notion de quête surnaturelle. Le plus célèbre, et un des premiers, est le jeu de rôle américain Donjons et Dragons : une assemblée de joueurs part en quête d'un objet, d'une personne. Chacun tient le rôle d'un personnage précis : chevalier, magicien, elfe, etc. Un meneur de jeu dévoile petit à petit les multiples épreuves à affronter avant d'arriver au but. Débarrassé de tout contexte religieux, l'intérêt du jeu se situe dans l'infinie variété des quêtes construites à partir d'une trame de base, avec ses scénarios et ses personnages stéréotypés.
L'évolution la plus récente est la transposition des jeux de quête sur ordinateur, permettant de jouer seul avec l'ordinateur pour « maître du jeu » et de profiter de ses capacités graphiques et sonores de plus en plus performantes pour représenter des mondes imaginaires et gérer des scénarios complexes.
Ces jeux ont été adaptés depuis à de nombreuses situations : toutes les grandes civilisations, réelles ou imaginaires, ont été mises à contribution. Mais ce n'est pas un hasard si les premières versions se situaient dans un monde féodal où la magie joue un grand rôle : inventées par des Anglo-Saxons imprégnés de légendes arthuriennes, les quêtes modernes réactualisent une trame légendaire du VIe siècle, comme Chrétien de Troyes l'avait déjà fait au XIIe siècle. N'est-ce pas un bel exemple de mythe intemporel?
La quête du Graal prend aussi un autre sens moderne beaucoup plus concret pour décrire un objectif difficilement réalisable, mais qui apportera au monde des nouvelles connaissances inestimables ou bien un pouvoir sur la matière inusité. Ainsi, en physique, on qualifie la théorie de grande unification de « Graal des physiciens ». Encore, la compréhension du mécanisme par lequel les gènes contrôlent la physionomie des organes serait le « Graal des généticiens ».

Mon avis personnel: Pour moi le saint graal représente plus une quête mystique qu'un réel calice |
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