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L'alchimie - Source : "Dictionnaire de l'ésotérisme de Michel Mirabail" -

L'objectif de l'alchimie est l'obtention de la pierre philosophale dont l'effet est de permettre la transmutation des métaux en or.



Science ésotérique tant par la spécificité de son langage que par son rôle initiatique, elle associe dans une même démarche une cosmologie [color=green](comologie = cosmologie (nom féminin)Science des lois et de la structure de l'Univers.• Branche de l'astronomie qui étudie l'Univers en totalité, ses origines, son évolution, sa structure et son avenir.• L'étude spécifique de l'origine de l'Univers et des systèmes astronomiques, comme le système solaire, est la cosmogonie.)

et une spiritualité vivantes, axées sur la transformation de la conscience de l'adepte dans ses rapports avec les forces de l'univers, ainsi qu'une pratique concrète par laquelle l'alchimiste s'efforce de mettre en oeuvre dans un règne de la nature, mais en le parachevant (minéral, végétal, animal), le processus de putréfaction et de régénressence qui accompagne la vie elle-même.

Le Grand Oeuvre alchimique est donc la double réalisation de la purification et de la transmutation de la matière psychique et matérielle [( il existe donc une alchimie intellectuelle, une alchimie morale, sociale, physiologique, astrale, animale, végétale, minérale et bien d'autres encore. Mais l'alachimie spirituelle demeure le modèle, la clef et la raison des autres", A. Savoret, "Qu'est ce que l'Alchimie?", Cahiers de l'hermétisme. Alchimie, Albin Michel, page 19.)]. " Le Grand Oeuvre physique et le Grand oeuvre Mystique sont analogues mais point identiques. Avoir réalisé ce dernier, c'est pouvoir réaliser souverainement le premier ; avoir réalisé le premier, c'est savoir quel chemin peut conduire à la réalisation du dernier mais ce n'est pas forcément avoir parcouru ce chemin. La nuance est de première importance [( voir aussi H Masson, Dictionnaire initiatique, Belfond, chapitre IV, page 52 : "Le véritable adepte sait tout le processus de la réintégration passe à travers lui. Il n'est pas le témoin, il est le champ clos des opérations divines. il n'est pas seulement l'athanor (=> athanor
(nom masculin)Alambic, fourneau utilisé par les alchimistes) au sein duquel s'opère le Grand Oeuvre, il est à la Minière (=> minière
(nom féminin)Mine exploitée à ciel ouvert. ) l'Alkoest la Pierre philosophale."]


La nuance est celle qui consiste à donner, dans la pratique alchimique, la primauté à la régénération spirituelle (l'ergon) comme clef de la transmutation métallique (le parergon).
C'est cette nuance qui permet parrallèlement de distinguer l'alchimie de toutes les pratiques métallurgiques, spagyriques, archimiques [("L'archimiste" était en définitive, un sparygiste cantonné dans le règne minéral et qui délaissait volontairement les quintessences animales (quintessences => quintessence(nom féminin)L'élément le plus subtil, l'éther, ajouté aux quatre premiers (l'eau, la terre, le feu, l'air).• Ce qu'il y a de plus fin, d'essentiel, de meilleur dans une chose. ), les alcaloïdes végétaux (alcaloïdes = > alcaloïde(nom masculin) Substance toxique et thérapeutique ayant les propriétés des alcalis. ) Fulcanelli, "les Demeures philosophales, JJ Pauvert, chapitre VII, livre 1er , page 120.)] connues également depuis la plus haute antiquité [ sur la question de l'histoire de l'alchimie on consultera l'article : Alchimie, dans Encyclopédia Universalis, tome 1 page 598 où R Alleau étudie successivement l'alchimie indienne, alexandrine, arabe, chinoise et occidentale;], mais opérant sur des minerais ou des plantes sans tenir compte de toute la dimension ésotérique ou sacrée propre à l'alchimie.

L'alchimie est avant tout un "art divin", ce qui interdit par principe d'en faire la préhistoire de la chimie. Fulcanelli démontre que "....l'aïeule réelle de notre chimie est l'ancienne spagyrie, et non la science hermétique elle-même". le sacré y joue un rôle prépondérant qui ne peut être révélé, ou transmis en un langage codé : l'alchimie parle la "langue des oiseaux", elle est le "gay savoir", non un ensemble de recettes empiriquement (empiriquement = > empiriquement(adverbe)D'une manière empirique, en s'appuyant seulement sur l'expérience)
définies. Plus que toute autre science occulte, l'alchimie pose le problème de sa terminologie (terminologie = > terminologie(nom féminin)Ensemble des termes techniques d'une science, d'un art.• Etude de ces termes. ).

S. Hutin dit que "l'alchimiste n'a pas à découvrir quelque chose de nouveau mais à retrouver un secret" (L'Alchimie de S. Hutin). Ce secret est voilé par une terminologie qui dissimule ses objets derrières des concepts provenant de registres symboliques différents : astrologie (> astrologie(nom féminin)Etude des rapports qui existeraient entre les mouvements des astres et les événements terrestres, notamment ce qui touche à la destinée humaine. ), kabbale (> cabale ou kabbale(nom féminin)Interprétation juive de la Bible. ), dont la correspondance reste à régler. Le langage alchimique lui-même utilise en outre tout un arsenal de procédés littéraires propres à décourager toute compréhension littérale du sens des textes : rébus (> rébus(nom masculin) Jeu d'esprit qui consiste à exprimer, au moyen d'objets figurés, de lettres, etc., les sons d'un mot ou d'une phrase que l'on doit deviner) acrostiche (> acrostiche (nom masculin) Poésie dont les premières lettres de chaque vers, lues verticalement, forment un nom ou un mot.), anagramme (> anagramme(nom féminin)Transposition des lettres d'un mot pour en former un ou plusieurs autres.) , idiome (> idiome (nom masculin)
Langage particulier à une communauté, à une région.)
, phonétique fondée sur l'assonance [> assonance(nom féminin)
Répétition d'un même son vocalique (voyelle), ressemblance du son dans les finales des mots[/color[color=brown]].( La pierre philosophale est désignée par le mot Azot : la premier lettre : A est commune à tous les alphabets, les autres lettres sont les dernières lettres des alphabets : latin, grec, hébreu. La Pierre est ainsi le principe et la fin de tout corps.)]


"L'alchimie est donc à ce titre une kabbale hermétique nantie de ce que les anciens appelaient la "lenguageneral (universelle), parce qu'elle recèle une double signification correspondant à une double science, l'une apprente, l'autre profonde (Fulcanelli)."

Il faut donc se garder de prendre le mercure, le souffre, le sel au sens propre. Tous les textes précisent qu'il s'agit du mercure philosophal, de la substance même de la vie , d'un agent universel. C'est donc un principe avant d'être un métal. Mais selon le moment de l'oeuvre philosophal, c'est-à-dire selon la couleur, les vertus, les propriétés, de la solution obtenue, le mercure est aussi appelé : Magnésie, laiton, eau Mercurielle, Medecine, Eau pesante, lait de la Vierge, Alkaest,... "travaille donc avec cette Eau et tuauras ce que tu souhaite d'elle. Car elle est l'esprit et l'âme du soleil et de la lune, l'huile et l'eau dissolvante, la Fontaine, le bain-marie, le feu contre la nautre, le feu humide, le feu secret, caché et invisible (Le livre d'Artépius ancien philosophe, page 118 dans R Alleau, "Aspects de l'alchimie traditionnelle" édition Minuit page 170)".

Il en est de même pour le soufre, principe actif et forme préalable du mercure. Le soufre représente aussi la phase ultérieure de l'oeuvre: "Et si vous cuisez encore plus, il se fait rouge et l'eau de mer devient rouge et de couleur de sang ("La tourbe des philosophes", pp 5-6, cité par R . Alleau, page 183)", ou encore l'Azot colore le laiton et le rend blanc, mais le laiton reprend sa domination sur l'Azot en le changeant en vin, c'est-à-dire en le rendant rouge comme du vin ("Entretien du roi Calid et du philosophe Morien", page 80, cité par R. Alleau, page 185). Quant aus el, apparaissant tardivement dans la littérature alchimique, il représente le corps au sein d'une structure ternaire qui dans ses articulations anthropologiques (> anthropologie(nom féminin)Science de l'homme.• Etude des êtres humains dans une perspective biologique et sociale. On distingue l'anthropologie physique, qui étudie l'évolution et l'adaptation des humains en tant qu'êtres biologiques, de l'anthropologie sociale et culturelle, qui étudie la vie des hommes en société à travers leur langue, leurs coutumes, leurs pratiques, leurs croyances, leurs mythes, leurs institutions. ) astrologiques et alchimiques est donc :

Soufre Intelligence (esprit Soleil Or
Mercure Coeur (âme) Lune Argent
Sel Corps Mercure Mercure
Principes Anthropologie Astrologie Métaux
alchimiques

Ainsi le problème primordial posé par la lecture d'un texte alchimique revient à savoir de quel métal, par exemple de quel mercure, il s'agit. Faut-il l'entendre métaphoriquement par les correspondances qu'il entretient par exemple avec l'anthropologie ésotérique ; faut-il le comprendre comme une indication astrologique, ou comme un principe cosmologique, ou comme une phase de l'oeuvre?

Science ésotérique, science symbolique, qui selon R. Alleau la rapproche plus de l'histoire des religions que la chimie, l'alchimie pose comme pierre d'achoppement (> achoppement (nom masculin) Obstacle sur lequel on bute.• Difficulté.• Pierre d'achoppement: écueil. ) la question de la matière par laquelle il convient de commencer l'oeuvre. Dans la découverte de ce premier secret de la nature, de cette matière dénommée : corbeau, terre, soufre noir, soufre de nature, prison de l'or, fumier, tombeau du roi, réside potentiellement le succés de l'entreprise. Les indications de couleurs, les appellations planétaires qui servent à jalonner la réalisation de l'oeuvre ses diverses transformations, n'ont de sens symbolique opératif que pour une substance correctement choisie.



La difficulté vient de ce que la matière de l'oeuvre a aussi bien la valeur d'un principe cosmologique que d'un materiau spécifique. D'autre part, Bernard Trévisan déclare : "Pour avoir entendement de cette Matière, il faut premièrement savoir que Dieu fit au commencement une matière confuse et sans nul ordre, laquelle était pleine, par la volonté de Dieu, de plusieurs matières ( Le livre de la Philosophie naturelle des métaux, 3ème partie, Messire Bernard, comte de la marche Trévisane)". D'autre part dans le "Mystère des Cathédrale" (de Fulcanelli), on lit que "c'est dans le règne minéral seulement où réside la semence métallique, que nous devons chercher le sujet propre à notre art". Ainsi, en principe, on pourrait se servir de n'importe quelle substance, tout dans la Nature étant formé de la matière unique (Voir "l'Alchimie" de S. Hutin) Mais en pratique la Matière usitée doit être recueillie à une certaine époque de l'année : quand le soleil est en Bélier et la lune en taureau, ou quand le soleil est en scorpion et la lune en capricorne, ce qui lui donne, en l'individualisant, la possibilité de recevoir l'esprit universel, et de se revêtir de soufre et de sels volatils et du mercure fixe de l'air et du feu.
Tel est le délicat problème du fumier des philosophes dont E. Canseliet donne néanmoins, la clef théorique, à la suite de Fulcanelli, en distinguant la première matière de l'oeuvre, de la matière première. "Ainsi l'or philosophique tout rempli d'impuretés, environné d'épaisses ténèbres, couvert de tristesse et de deuil, doit-il être considéré néanmoins comme la véritable et unique matière première : le mercure, d'où cet or invisible misérable et méconnu a pris naissance (Fulcanelli)."

Malgré le caractère énigmatique des éléments symbolisés par les textes, les alchimistes insistent sur leurs simplicité, ainsi que sur les opérations de l'Oeuvre : noire, blanche, rouge, ou encore en 6 selon la succession des 7 planètes.

La première étape correspond au noircissement, à la putréfaction, à la mortification. "le plus rude travail, la peine tout entière, est à parfaitement préparer la matière."

le dragon doit d'abord mourir. La première opération est celle de la mort d'un état chimique par solution de liquéfaction. La première tâche est donc de trouver la matière et son dissolvant, le vitriol des sages, anagramme du programme alchimique lui-même : Visita Interiora Terrae, Rectificandoque Invenies Occultum lapidum (Visite les intérieurs de la terre, par rectification tu trouveras la pierre cachée. On peut voir aussi : l'universelle médecine vitriolum)

Après trituration, liquéfaction de la matière au cours de l'oeuvre noir, vient l'albedo ou oeuvre blanc. Celui-cia commencé par un processus de sublimation par lequel, l'âme du corps, de terre où elle était, s'est transformée en eau et en air dans la fiole. L'oeuf philosophique, le globe de cristal hermétiquement clos, est enfermé dans l'athanor, ce fourneau que l'alchimiste utilise pour une combustion lente et contrôlée. Cet oeuf est en même temps le symbole de l'oeuf du monde : où tout se prépare patiemment, de façon immanente et secréte. En continuant à chauffer à la phase lunaire, la coloration blanche s'accomplit. Toutes les potentialités de l'âme se sont libérées , déployées. Bernard Trévisan nous confie : " Je te le dis en prenant Dieu à témoin, ce mercure, une fois sublimé, apparaissait re vêtu d'une blancheur aussi pure que la neige des hautes montagnes et d'un éclat cristallin. Lorsque j'ouvris le récipient, il s'en dégagea un parfum unique au monde..." ( Bernard Trévisan, "la parole délaissée, dans le Le Voile d'isis, Paris 1931, page 461. Voir encore Arnaud de Villeneuve : "La Pierre philosophale (or portable), enlève le poison du coeur, humecte la trachée artère, libère les bronches, guérit les ulcères. Elle guérit en un jour la maladie qui durerait 1 mois, en 12 jours, une maladie d'un an. Elle rend aux vieillards la jeunesse", dans "Rosier des philosophes", dans Alchimie, S. Hutin page 8. C'est la réalisation du petit magistère, de l'elixir de longue vie aux propriétés médicales si connues pour leur pouvoir de régénération cellulaire. On l'appelle aussi l'or potable, la "panacée". C'est l'oeuvre de résurrection qui a donné lieu à de multiples allégories, virginales, incestueuses parfois où le fils doit féconder la mère qui vient de l'enfanter, qui toutes signifient que les "eaux mercurielles" ont été obtenues par mouvement ascencionnel ( liquéfaction, sublimation, purification). Le grand magistère, l'autre mouvement descendant : symbole féminin, symbole masculin , symbole du soleil, va commencer et avec lui l'incarnation de l'esprit.

A la phase vénusiennne de ce second mouvement Bernard Trevisan dit : "au commencement la femme monte sur l'homme, à la fin l'homme monte sur la femme (Turba Philosophorum, Bibliothèque des philosophes chimiques, cité dans chapitre 16 l'Alchimie, Science et Sagesse, Encyclopédie Planète, page 118). La force volatile du mercure femelle domine d'abord le corps solide représenté par le soufre : par la suite la force fixative du soufre l'emporte sur la volativité du mercure. Une cristallisation se produit alors.
Mais c'est le cuivre philosophique , le métal de Venus où le soleil est encore au sommet de la croix : l'or y est encore instable ; il n'a pas encore pénétré les couches profondes du corps. A la phase marsienne, l'esprit effectue cette descente mais cette dernière coagulation, avant-dernière étape de la transmutation accomplie, est encore sans éclats ( "de même que dans le fer, le metal, le métal de Mars, la force fixante du soufre est toujours présente sans pouvoir manifester son éclat, de même, à cette phase de l'oeuvre, l'espri apparaît comme plongé dans le corps et éteint en lui").

la phase solaire voit l'apparition de la couleur rouge ; la rubification intervient après que la Pierre est , par cuisson, passée par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. dans le " livre des figures hiéroglyphes (N. Flammel)", Nicolas Flammel la décrit : "la couleur rouge de laque de ce lion volant semblable à ce que Escarlatin du grain de la vrayement rouge grenade, démontre qu'elle est maintenant accoupplée en toute droiture et égalité. Qu'elle est comme ce lion, dévorant toute nature pure Métallique et la changeant en sa vraie Substance, en vrai et pur or plus fin que celui des meilleurs Mines."
La projection d'une petite quantité de pourdre de cette pierre dans une solution métallique suffit alors à transmuter le corps vil en or. Il convient d'effectuer l'opération trois fois, de chauffer, afin d'obtenir pour le nouveau métal une densité égale à celle de l'or.
Le résumé des principales étapes ne peut être que symbolique comme sont symboliques la plupart des indications données par les alchimistes. Pour déchiffrer leur langage il est encore nécessaire de savoir à laquelle des deux voies humide ou sèche renvoient les secrets, toujours à moitié découverts, et les conseils qu'ils consentent à donner. " Nous précisons encore que la première voie dite humide parce que, dans l'état liquide, elle requiert, sur la lampe modérée, l'utilisation d'ustensiles de verre, tandis que la seconde est qualifiée de sèche parce que, sous la forme fusible, elle nécessite, dans le fourneau plus ardent, l'emploi de vaisseaux opaques et réfractaires (E. cansiliet, L'alchimie).

l'alchimie est certainement celle des sciences ésotériques qui a le plus conservé son caractère hermétique : d'abord au sens historique du terme puisque la patronage de cette science est celui d'Hermès- Trimégiste appartenant à la haute antiquité grecque : (Hermès Toth) personnage divin, semi-légendaire dont les "tables d'Emeraude " résument toute la doctrine sacrée, ensuite au sens de la spécificité et de la difficulté propre à l'interprétation de ses concepts, en raison du caractère hautemement initiatique de l'oeuvre : l'union du Ciel et de la Terre, la matérialisation subjective et objective de l'esprit et la subtilisation de la matière.

NB :Ce qui se trouve dans le texte en couleur et entre parenthèses sont des définitions pour vous aider à mieux appréhender le texte.

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